Accompagnement des personnes en situation d’exil dans leur reprise d’études en France
MigrENS est une association de loi 1901 créée en janvier 2016 au sein de l’École Normale Supérieure (ENS) de la Rue d’Ulm suite à la violente expulsion du camp de réfugié.es du métro La Chapelle à Paris.
Aujourd’hui, ce sont plus de 50 bénévoles mobilisé.es au quotidien pour faire vivre le Programme Étudiant.e Invité.e (PEI) chaque année entre les murs de l’ENS.
Le 2 juin 2015, l’expulsion violente du camp de réfugié·es du métro La Chapelle à Paris marque le début d’une longue errance dans le 18ᵉ arrondissement pour des centaines de personnes venues chercher asile en France. Jour après jour, expulsion après expulsion, des dizaines puis des centaines de citoyen·nes se mobilisent pour soulager le quotidien des réfugié·es.

Des liens d’amitié se tissent à leurs côtés. Sur les tables des Jardins d’Éole, sur les pavés de la Halle Pajol, puis sous le préau du lycée désaffecté Jean Quarré, des cours de français s’improvisent. La demande est immense, la motivation des apprenant·es : certaine. Peu à peu, un groupe d’enseignant·es bénévoles se constitue… dont plusieurs élèves de l’ENS. Ensemble, ils expérimentent les difficultés de l’apprentissage du Français Langue Étrangère (FLE), tout en construisant une confiance nouvelle avec celles et ceux qui espèrent trouver refuge en France.


De ces rencontres est née une évidence : parmi toutes les personnes croisées chaque jour, nombreux·ses étaient les étudiant·es, jeté·es hier par la nécessité dans le périple de la traversée et réduits aujourd’hui à survivre dans une précarité extrême.
De simples discussions - autour de Nietzsche et Spinoza, de la géopolitique de la Corne de l’Afrique ou du rêve interrompu de poursuivre des études d’ingénierie civile - a germé l’idée d’un programme spécifique. Un programme tourné vers la reprise d’études, centré sur l’apprentissage intensif du français, et qui refuserait toute distinction entre les statuts administratifs de ses bénéficiaires.
C’est cette intuition initiale qui s’est concrétisée à la rentrée 2015 avec la constitution de la première équipe organisatrice du Programme Étudiant·e Invité·e (PEI). Grâce au concours et au soutien de l’administration de l’ENS, le PEI a pu voir le jour en octobre 2015.
Dans la foulée, en janvier 2016, l’association MigrENS est officiellement créée avec le dépôt de ses premiers statuts.
Le Programme Étudiant·e Invité·e (PEI), porté par l’association étudiante MigrENS avec le soutien de l’ENS, accueille chaque année quarante personnes en situation d’exil souhaitant reprendre leurs études en France. Pendant deux ans, les participant·es suivent des cours de français, bénéficient d’un accompagnement administratif et d’un accès à la vie académique et culturelle de l’École. Le PEI est à la fois une passerelle vers l’université et un espace de rencontre, de solidarité et de partage.
MigrENS porte une mission de sensibilisation et de plaidoyer sur les questions migratoires.
Elle vise à faire vivre le débat et l’engagement autour de l’exil et de l’asile, d’abord au sein de l’École normale supérieure, mais aussi en ouvrant ces thématiques à un public plus large. Tout au long de l’année, l’association propose des dîners solidaires, des projections, des ateliers et des temps de discussion, pour mobiliser la communauté étudiante autour des réalités migratoires et des conditions d’accueil en France et en Europe.
Des cours de français aux activités culturelles et politiques, en passant par l'accompagnement administratif et la trésorerie, il existe de multiple manières de s'engager avec MigrENS ; toujours dans le partage et la solidarité entre bénévoles de l'ENS et étudiant·es invité·es.
Enseignement (« prof »)
Cours en groupe, préparation de séances et, selon les besoins, préparation/correction d’épreuves type DELF.
Co-enseignement en binôme (≈ 2 h de cours + 4 h de préparation par semaine), avec une réunion de coordination avant chaque période de vacances.
Tandems
Séances de soutien en tête-à-tête ou en très petits groupes pour travailler l’oral, l’écrit ou des points précis de grammaire et de vocabulaire.
Commission pédagogie
Organisation de simulations d’examen DELF, élaboration des emplois du temps, ateliers de formation entre enseignant·es, réunions de coordination et gestion des inscriptions aux examens (≈ 12 h/mois).
Permanences hebdomadaires pour aider dans les démarches : remboursement de transports, reprise d’études, recherche d’emploi, procédures d’asile, etc.
Prévoir environ 2 à 4 h par semaine, plus une réunion mensuelle.
Organisation d’événements culturels et conviviaux : dîners solidaires, ateliers de discussion, projections de films, visites de musées, rencontres et conférences, etc.
Gestion des réseaux sociaux et de la communication visuelle (affiches, flyers, visuels pour le web).
Engagement principalement en fonction des événements, selon les besoins du moment.
Veille médiatique et juridique (évolutions des lois, des politiques migratoires).
Coordination de la participation collective à des manifestations ou actions publiques, lorsque c’est pertinent.
Engagement ponctuel, variable selon l’actualité.
Recherche de financements publics et privés, rédaction de dossiers de subvention.
Construction du budget annuel, suivi comptable et gestion de la caisse.
Environ 10 h par mois.
Prise de décisions collectives, suivi administratif et budgétaire, lien avec l’ENS.
Un·e référent·e par pôle d’activité et de petites équipes de travail pour assurer le suivi des projets.
En moyenne deux réunions par mois.